Guide · Hygiène du wallet

Autorisations de tokens : les vérifier et révoquer celles qui ne servent plus

Chaque swap, claim ou mint que vous avez autorisé peut encore toucher à vos tokens. Une revue en sept étapes referme ces portes, en une dizaine de minutes par blockchain.

Par la Rédaction d’airdrop.promo · Mis à jour le 19 oct. 2026 · 10 min de lecture

Les priorités : quelles autorisations comptent le plus

Si vous n’avez que cinq minutes, cherchez dans cet ordre, établi selon notre jugement éditorial sur les dégâts possibles.

  1. Les autorisations d’opérateur NFT vers des adresses inconnues : elles couvrent toute une collection, sans plafond.
  2. Les autorisations ERC-20 illimitées vers des bénéficiaires inconnus, surtout sur des stablecoins ou des avoirs importants.
  3. L’autorisation Permit2 sur des tokens que vous n’échangez plus, car elle sert de socle à de nombreuses sous-autorisations.
  4. Les vieilles autorisations vers de petites applications abandonnées. Un contrat sûr à l’époque peut être modifié ou compromis.

Ce qu’est réellement une autorisation

Sur les blockchains EVM, un contrat ne peut prélever des tokens sur votre adresse que si vous avez auparavant dit au contrat du token qu’il le pouvait. Cette permission, inscrite on-chain sous forme de montant ou d’indicateur, c’est l’autorisation (« approval »).

Allowance ERC-20

L’EIP-20 définit approve, qui permet à un tiers de retirer des tokens jusqu’à un plafond, autant de fois qu’il le veut ; transferFrom effectue la dépense. Un nouvel approve écrase l’ancien : c’est ainsi qu’on révoque, en remettant à zéro.

setApprovalForAll (NFT)

L’EIP-721 permet d’autoriser une adresse pour un NFT, ou un opérateur pour tous vos NFT d’une collection. L’opérateur peut les transférer. Le désactiver remet l’indicateur à false.

Permit2

Le contrat Permit2 d’Uniswap stocke des autorisations durables, avec montant et expiration, après une autorisation ERC-20 unique par token. Il gère aussi des transferts ponctuels par signature (documentation Uniswap).

Deux choses peuvent donc coexister pour un même token : une autorisation directe à l’application, et une autorisation à Permit2 assortie de sous-autorisations. Une bonne revue examine les deux. Revoke.cash recommande de révoquer l’autorisation au contrat Permit2 lui-même si vous ne l’utilisez plus, compte tenu du risque d’hameçonnage.

Pourquoi les autorisations persistent

Selon ethereum.org, les permissions accordées restent utilisables indéfiniment, et déconnecter votre wallet d’un projet ne les supprime pas. La raison est technique : la connexion du wallet est une session de navigateur, l’autorisation est une donnée dans le contrat du token. Fermer l’onglet change la première, pas la seconde.

D’où le scénario classique : une autorisation illimitée donnée il y a deux ans à une application légitime, dont le contrat est ensuite exploité. Ethereum.org ajoute qu’une fois l’allocation illimitée accordée, la plateforme peut dépenser ces tokens même après que vous les avez rapatriés dans votre wallet.

Les sept étapes

Ces étapes suivent le guide de Revoke.cash, le vérificateur d’Etherscan et la procédure d’ethereum.org, avec nos ajouts de sécurité.

  1. Partir d’un appareil sain et de la bonne adresse

    Ouvrez l’outil dans un profil de navigateur sans extension inconnue. Saisissez ou connectez l’adresse qui a signé les autorisations. La recherche par adresse est en lecture seule ; la connexion n’est nécessaire que pour révoquer.

  2. Choisir le réseau

    Les autorisations sont stockées par blockchain : un même wallet doit être examiné sur chaque réseau utilisé. Revoke.cash couvre plus de 80 réseaux ; ailleurs, passez par l’explorateur de blocs de la chaîne.

  3. Trier de la plus récente à la plus ancienne

    Revoke.cash conseille cet ordre pour repérer une autorisation suspecte. Les bénéficiaires inconnus signés récemment passent en premier.

  4. Examiner chaque ligne

    Pour chaque autorisation, notez le token, le bénéficiaire (spender), le montant autorisé et la date de mise à jour. Les autorisations illimitées vers des bénéficiaires que vous ne savez pas nommer sont prioritaires.

  5. Révoquer, ou réduire le montant

    Cliquez sur Revoke, ou utilisez l’option de modification pour fixer un plafond plus bas si vous utilisez encore l’application. Les deux exigent une transaction et des frais de réseau.

  6. Confirmer dans le wallet et patienter

    Vérifiez que la fenêtre du wallet affiche bien un appel d’autorisation remettant le montant à zéro, puis attendez la fin de la transaction. Le délai varie selon le réseau.

  7. Actualiser et vérifier

    Rechargez l’outil après quelques minutes : l’autorisation doit avoir disparu ou afficher zéro. Recommencez pour chaque réseau et chaque standard de token.

Revoke.cash ou vérificateur d’explorateur de blocs

CritèreRevoke.cashVérificateur d’explorateur
CouverturePlus de 80 réseaux selon son propre guideUn réseau par explorateur, par exemple Etherscan pour Ethereum
Consultation sans connexionOui, par adresse, nom ENS ou aliasLa page d’Etherscan consultée affichait une invitation à connecter le wallet
Types de tokensTokens et NFTTableaux ERC-20, ERC-721 et ERC-1155 sur Etherscan
Réduire au lieu de révoquerOui, via l’option de modificationNon décrit sur la page consultée
ConfianceSite tiers : vérifiez l’URLExplorateur déjà connu : même prudence sur l’URL

Notre conseil : utilisez celui que vous atteignez par un favori créé vous-même. De faux sites de révocation existent, et un outil qui vous fait signer autre chose qu’une remise à zéro ou une désactivation d’opérateur doit vous alerter. Etherscan précise d’ailleurs fournir le service en l’état, sans responsabilité pour les pertes : lisez chaque fenêtre du wallet.

Ce que coûte une révocation

Révoquer est une transaction ordinaire : vous payez les frais de réseau. Selon ethereum.org, le traitement prend d’environ une minute à plusieurs minutes selon le réseau. Nous n’avançons pas de montant en euros, car les frais varient avec la congestion et la blockchain.

  • Budgétez par réseau. Une revue sur cinq réseaux, c’est jusqu’à cinq séries de frais, et il faut un peu du token natif de chacun.
  • Priorisez par risque. Si les frais sont élevés, révoquez d’abord les opérateurs NFT et les autorisations illimitées sur stablecoins.

D’après ethereum.org, révoquer ne met fin ni au staking, ni aux positions de liquidité ou de prêt : il faudra simplement autoriser à nouveau lors de la prochaine utilisation.

L’équivalent sur Solana

Solana n’a ni setApprovalForAll ni tableau d’allowances ERC-20. Chaque compte de token stocke un seul délégué et un montant délégué à la fois ; approuver un nouveau délégué remplace l’ancien. Le propriétaire signe via l’instruction Approve ou ApproveChecked (documentation Solana).

L’instruction Revoke supprime le délégué et remet le montant à zéro. Avec le Token Program, le propriétaire signe ; avec le Token Extension Program, le délégué actuel peut aussi révoquer (documentation Solana). Nous n’avons pas ouvert la documentation de la ligne de commande spl-token et ne donnons donc pas de syntaxe.

Le profil de risque diffère : l’exposition est plafonnée par compte de token. Mais une autre perte courante sur Solana vient d’une transaction signée qui transfère des actifs ou change la propriété d’un compte : ce n’est pas une autorisation, et rien ne peut être révoqué après coup. Voir notre page écosystème Solana.

Les limites de la révocation

Elle ne rend pas les fonds volés.
Les transferts sont irréversibles ; la révocation empêche seulement le vol suivant.
Elle est inutile si la clé privée a fuité.
Avec votre phrase de récupération, l’attaquant signe simplement de nouvelles transactions. Migrez vers un nouveau wallet.
Elle n’annule pas d’elle-même un permit signé mais pas encore utilisé.
Selon l’EIP-2612, n’importe qui peut soumettre un permit signé jusqu’à son échéance ; le propriétaire peut l’invalider en consommant le nonce. Un outil de révocation peut ne pas voir une telle signature hors chaîne : un permit suspect justifie de déplacer vos fonds.
Elle vaut par réseau et par standard.
Chaque blockchain garde ses propres autorisations : voir Ethereum, Base, Arbitrum.
Pourquoi ne pas autoriser le montant exact à chaque fois ?

C’est possible, et ethereum.org recommande de limiter les autorisations au montant nécessaire. Le prix : une nouvelle transaction d’autorisation à chaque usage. Notre arbitrage : montants exacts pour les applications récentes ou modestes, autorisations illimitées réservées à une courte liste de protocoles examinés.

Après un vol : les démarches en France

Révoquer protège la suite ; il reste à agir pour ce qui est parti. Cybermalveillance.gouv.fr conseille de conserver toutes les preuves et de déposer plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur de la République ; France Victimes accompagne gratuitement au 116 006. Notez les hash de transactions, l’adresse du bénéficiaire et l’URL du site.

Méfiez-vous ensuite des offres de « récupération ». L’AMF rappelle qu’elle ne contacte jamais d’épargnants de sa propre initiative pour récupérer des fonds et ne demande jamais d’argent. Lecteurs belges, suisses et canadiens : adressez-vous à votre police et à votre autorité financière (FSMA, FINMA, autorité provinciale). Les schémas d’attaque sont détaillés dans arnaques à l’airdrop crypto.

La routine mensuelle

Revue mensuelle des autorisations

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Associez cette routine aux habitudes du guide burner wallet, passez chaque claim au crible de notre grille pour reconnaître un airdrop fiable et, si vous pratiquez le farming d’airdrop, révisez plus souvent : rien ne génère autant d’autorisations. Pour savoir qui détient réellement vos clés, voir wallet custodial ou non custodial.

Sources primaires

Sources vérifiées le 19 oct. 2026. Les liens mènent aux pages officielles des projets, pas à des résumés d’autres sites.

Questions fréquentes

Comment voir les autorisations de tokens accordées par mon wallet ?

Saisissez votre adresse dans un outil comme Revoke.cash ou ouvrez le vérificateur d’autorisations de l’explorateur de blocs de votre réseau. Il liste les tokens autorisés, les contrats qui peuvent les dépenser et les montants. Faites-le réseau par réseau, car les autorisations sont stockées séparément sur chaque blockchain.

Déconnecter mon wallet d’un site suffit-il à révoquer son accès ?

Non. Ethereum.org précise que déconnecter un wallet d’un projet ne supprime pas ses autorisations sur vos tokens. L’autorisation est inscrite dans la blockchain et reste active jusqu’à ce que vous la modifiiez par une transaction qui remet le montant à zéro ou retire l’opérateur.

Faut-il payer du gas pour révoquer ?

Oui. Révoquer est une transaction, vous payez donc les frais de réseau de la blockchain concernée, variables selon le réseau et sa congestion. Les autorisations par signature fonctionnent autrement : signer un permit ne coûte rien, mais l’annuler exige tout de même une action on-chain.

Révoquer permet-il de récupérer des cryptos volées ?

Non. La révocation retire seulement la permission : le bénéficiaire ne peut plus rien prendre. Les tokens déjà partis restent où ils sont, et les transferts sur une blockchain sont irréversibles. Si votre wallet a été vidé, déplacez ce qui reste, révoquez, conservez les preuves et déposez plainte.

Comment révoquer sur Solana ?

Sur Solana, chaque compte de token peut avoir un délégué autorisé à déplacer un montant fixé. L’instruction Revoke supprime ce délégué et remet le montant délégué à zéro. Avec le Token Program standard, c’est le propriétaire du compte qui signe. Utilisez un wallet ou un outil qui propose cette action et vérifiez le résultat.

Rédigé et vérifié par la Rédaction d’airdrop.promo. Méthode : notre méthode de vérification (EN). Une erreur ? contacts@airdrop.promo. Contenu informatif, pas un conseil financier ni fiscal.